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La rue est un espace social, qui nécessite le respect des règles, mais aussi une attitude de tolérance.
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> Fiches pédagogiques
> Français
> Circulation routière et comportement individuel
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Circulation routière et comportement individuel
- Dans une séquence où l'on s'attache à lire
méthodiquement des textes littéraires narratifs, à y étudier en
particulier le point de vue (qui sait ?, qui voit ?, qui parle ?), à
analyser la perspective (personnage central) et enfin à en repérer la
tonalité, on peut intégrer ce texte d'Albert Camus.
- Divers exercices de langue (discours direct /
indirect, vocabulaire) et de compréhension, peuvent permettre de
déboucher sur des exercices écrits, types " diplôme national du brevet
" : modifier la perspective, changer de point de vue ou, en tenant
compte des indices du texte, imaginer une suite.
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- Comprendre que le Code de la route est un ensemble de règles destinées à régir le comportement des usagers.
- Comprendre qu'au-delà de l'application des règles,
les usagers doivent faire preuve d'une attitude positive vis-à-vis des
autres (tolérance…).
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Une motocyclette conduite par un petit homme sec, portant lorgnon et
pantalon de golf, m'avait doublé et s'était installée devant moi, au
feu rouge. En stoppant, le petit homme avait calé son moteur et
s'évertuait en vain à lui redonner souffle. Au feu vert, je lui
demandai, avec mon habituelle politesse, de ranger sa motocyclette pour
que je puisse passer. Le petit homme s'énervait encore sur son moteur
poussif. Il me répondit donc, selon les règles de la courtoisie
parisienne, d'aller me rhabiller. J'insistai, toujours poli, mais avec
une légère nuance d'impatience dans la voix. On me fit savoir aussitôt
que, de toute manière, on m'emmenait à pied et à cheval. Pendant ce
temps, quelques avertisseurs commençaient, derrière moi, de se faire
entendre. Avec plus de fermeté, je priai mon interlocuteur d'être poli
et de considérer qu'il entravait la circulation. L'irascible
personnage, exaspéré sans doute par la mauvaise volonté, devenue
évidente, de son moteur, m'informa que si je désirais ce qu'il appelait
une dérouillée, il me l'offrirait de grand coeur. Tant de cynisme me
remplit d'une bonne fureur et je sortis de ma voiture dans l'intention
de frotter les oreilles de ce mal embouché. Je ne pense pas être lâche
(mais que ne pense-t-on pas !), je dépassais d'une tête mon adversaire,
mes muscles m'ont toujours bien servi. Je crois encore maintenant que
la dérouillée aurait été reçue plutôt qu'offerte. Mais j'étais à peine
sur la chaussée que, de la foule qui commençait à s'assembler, un homme
sortit, se précipita sur moi, vint m'assurer que j'étais le dernier des
derniers et qu'il ne me permettrait pas de frapper un homme qui avait
une motocyclette entre les jambes et s'en trouvait, par conséquent
désavantagé. Je fis face à ce mousquetaire et, en vérité, ne le vis
même pas. À peine, en effet, avais-je la tête tournée que, presque en
même temps, j'entendis la motocyclette pétarader de nouveau et je reçus
un coup violent sur l'oreille. Avant que j'aie eu le temps
d'enregistrer ce qui s'était passé, la motocyclette s'éloigna. Étourdi,
je marchai machinalement vers d'Artagnan quand, au même moment, un
concert exaspéré d'avertisseurs s'éleva de la file, devenue
considérable, des véhicules.Le feu vert revenait.
Albert Camus, La Chute, Gallimard, coll. livre de poche, 1956. |
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Questions sur le texte d'Albert Camus
(On peut éventuellement utiliser une partie de ces questions, selon les compétences des élèves, pour un devoir "type brevet".)
Grammaire
- Quels sont les temps de l'indicatif, utilisés dans ce texte narratif ? Quel en est le temps principal ?
- Relevez trois exemples pour chacun des trois temps et justifiez l'emploi de ces différents temps.
- Le narrateur rapporte les paroles échangées entre les divers
personnages au "discours indirect " (subordination au récit). Repérez
tous ces passages et transformez-les (ou une partie d'entre eux) au "
discours direct ". Soulignez les transformations.
Vocabulaire
- Remplacez dans les phrases du texte les mots "cynisme", "lâche" par un synonyme. Donnez pour chacun un antonyme.
- " Je fis face à ce mousquetaire ". Justifiez le choix de ce mot par
le narrateur. Quel autre mot du texte reprend le procédé stylistique ?
Compréhension
- À quelle époque situez-vous cette scène ? Quels indices vous le confirment ?
- Qui raconte la scène ? Qui sont les personnages de la scène ?
Relevez pour chacun les termes qui les désignent et caractérisez le
niveau de langue qu'ils utilisent.
- Humour : relevez dans les passages qui font sourire les procédés de style (moyens d'écriture) qui conduisent à cet effet.
ProlongementExpression orale : débat
- Faire lister par les élèves (présentation sous forme de tableau) la
diversité des usagers de la route (piétons, automobilistes, cyclistes,
etc.), la diversité de l'usage qu'ils en font (professionnel :
livraisons, trajet domicile-travail,… ou privé : déplacement personnel,
courses, tourisme…)
- Mettre en évidence les conflits possibles entre les différentes
catégories d'usagers de la route et de la rue, mais aussi entre les
individus.
- Montrer, à l'aide d'exemples concrets tirés de l'expérience de
chacun, que le Code de la route rassemble l'ensemble des textes qui
règlent les rapports entre les usagers de l'espace de circulation, mais
qu'au-delà de l'application stricte des règles, interviennent des
attitudes personnelles morales (tolérances, courtoisie).
- Conclure que le comportement sur la route ou dans la rue constitue un exemple de citoyenneté.
Expression écrite : sujets d'imagination
- Quelle suite peut-on imaginer à cette histoire ?
- Supposez que "le petit homme sec" ou le "mousquetaire" donne sa version de l'histoire.
- Imaginez une autre scène où soit respecté, dans un cadre différent,
le caractère d'un des personnages (sans-gêne, assurance bafouée, sens
de la justice).
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